Biographie

Il y a 40 ans, Larry Flynt sortait le premier numéro de Hustler aux Etats-Unis. Et c’était la première fois que les kiosques américains affichaient un magazine parlant de sexualité de façon aussi explicite. Mais pas seulement de sexe, puisqu’Hustler abordait dans ses pages la politique, le monde des people, et se permettait d’approcher des sujets de société  brûlants ou de dévoiler quelques scandales.

Le lecteur d’Hustler était prévenu, en feuilletant les pages de ce magazine d’un nouveau genre, il allait découvrir que les politiques, les grands patrons, les médias n’étaient pas exempts d’hypocrisie ni à l’abri de toute forme de corruption.

Le magazine Hustler osait, sans complexe, s’attaquer aux puissants, jusque dans ses bandes dessinées restées célébres pour leur souffle frondeur et libertaire.

Quarante ans plus tard la marque Hustler emploie 1200 personnes à travers le monde et elle est devenue leader mondial de l’industrie pour adultes au travers de ses vidéos X, mais aussi ses points de vente, les applis mobiles et différentes franchises.

Rappelons le cet univers a été bâti par un Larry Flynt quasi seul aux commandes et handicapé. En effet l’éditeur, après un attentat perpétré contre lui, a dû faire face à la paralysie de ses membres infèrieurs, et subir plusieurs opérations chirurgicales, aux séquelles si douloureuses qu’il finit par devenir dépendant aux antalgiques.

Autre drame personnel terrible pour Larry Flynt, la perte de sa femme Althea, morte du sida. Malgré tout, Larry Flynt, aujourd’hui âgé de 71 ans est toujours vent debout, défendant avec le même mordant les valeurs de liberté qui lui sont si chères depuis toujours.

Chronologie

1968 : Larry Flynt ouvre son premier club Hustler pour adultes à Dayton (Ohio). Ce premier go-go bar devient rapidement une chaîne d’établissements répartis sur l’ensemble des Etats- Unis. A des fins promotionnelles, le futur éditeur a l’idée de publier un bulletin d’informations vantant les mérites des danseuses de son établissement. Ce bulletin lui donne l’idée du futur magazine.

1974 : Le premier numéro d’Hustler est en vente. Peu de gens réalisent que c’est la première salve de la guerre que va mener Larry Flynt contre la censure et la répression morale. Pourtant, c’est la première fois dans un magazine grand public que s’étale en pleine page un sexe féminin. Pendant que l’Amérique se dit choquée et scandalisée, les hommes se précipitent dans les kiosques pour acheter l’un de ces sulfureux numéro.

1975 : Dans son numéro d’aout, Hustler publie des photos de l’ancienne première Dame Jackie Kennedy nue. Le magazine s’arrache et bon nombre de célébrités et de politiques sont pris en flagrant délit de lecture dudit numéro... Larry Flynt est lancé, on ne l’arrêtera plus. En décembre de la même année, Hustler publie une photo encore plus osée : une fille du Sud s’exhibe nue devant un Noir bien membré. Pour le Sud encore sous le coup des batailles menées par les Afro-Américains pour les droits civiques, c’est le choc. Le boycott du numéro est lancé, mais sans succés !

1976 : Larry Flynt est inculpé en Ohio (Cincinnati) pour obscénité et proxénétisme. Le jury juge l’éditeur dHustler coupable et Flynt écope de 25 ans de prison. Heureusement ses avocats font appel et la cour d’appel se montre plus raisonnable, argumentant que la pornographie n’est en rien nocive auprès d’un public adulte.

1977 : Larry Flynt continue de militer en faveur de la liberté des mœurs. Il déclare qu’il ne comprend pas pourquoi montrer une photo d’un soldat décapité ou mutilé est tolérable alors qu’un cliché d’une femme nue aux jambes écartées ne l’est pas. La même année, Hustler invente le premier jeu à gratter : pour savoir si on a gagné un lot, il faut gratter un sexe féminin. L’Amérique crie encore une fois au scandale.

1978 : Larry Flynt déménage Hustler de l’Ohio à la Californie. Mais en mars, en sortant d’un tribunal, il se fait tirer dessus avec son avocat par un membre de la ligue de la Suprématie de la race blanche. Son assassin, Franklin, ne sera condamné à mort qu’en 2013 et à la suite d’autres crimes de sang. Alors que Flynt a perdu l’usage de ses jambes à la suite de cet attentat, il se prononcera pourtant contre la peine capitale de Franklin. Peu après l’attentat, Flynt, dans un édito annonce à ses lecteurs que désormais le magazine va embrasser les valeurs chrétiennes. On loue alors « la conversation religieuse » de Larry Flynt.  Mais dés le numéro d’avril, les Evangélistes déchantent, en lieu et place de la fille sexy de couverture, ils découvrent un lapin (en peluche) cloué sur une croix. Hustler répondra au tollé qui s’organise que c’est la façon du journal de parler de Pâques. En mai de la nouvelle année, nouvelle provocation, avec une photo d’une femme sur le point d’accoucher dont on voit le bébé sortir de son utérus. Nouveaux scandales auxquels Flynt répond en argumentant qu’il ne veut plus que les femmes soient seulement exposées comme « des morceaux de viande » dans son journal. Les ligues féministes applaudissent. Pour peu de temps, car le numéro suivant met en scéne une femme dans un hachoir à viande. Les ligues féministes occupent alors les locaux du magazine jusqu’à intervention de la police.

1982 : Pour la seule et unique fois, c’est une obése qui tient tout le cahier central du magazine, Lulu. Et Larry Flynt d’affirmer que la beauté doit se trouver dans l’œil du spectateur. On lui répond qu’une femme obése n’est pas le fantasme de tout le monde. Flynt rétorque que tout le monde se plait à regarder un accident de train...

1983 : Larry Flynt est mêlé à une affaire de trafic de cocaïne. Sommé par le FBI de révéler la source d’un témoignage au sujet de cette affaire, l’éditeur se rend au tribunal drapé dans le drapeau américain en berne. Il écope de 15 mois de prison. En novembre de la même année éclate le scandale autour du prédicateur evangeliste Jerry Falwel. Le magazine Hustler a affirmé que ce dernier avait connu ses premières relations sexuelles avec sa mère et qu’il en était à présent dépendant. Falwel poursuit Flynt en diffamation et atteinte à la vie privée.

 

1988 : Après un procés fleuve et de nombreux rebondissements, la Cour suprême des Etats- Unis statue que « des personnalités publiques ne peuvent prétendre à des dommages et intêréts pour détresse émotionnelle infligée » Pour les médias traditionnels, c’est une jurisprudence qui permet d’élargir le champ du premier amendement de la constitution américaine, c’est-à-dire celui garantissant la liberté d’expression.

1995 : lancement de hustler.com, site riche en photos et vidéos. Aujourd’hui LFP Internet Group exploite plus de 60 sites web pour adultes.

1996 : Le biopic cinéma sur la vie de Larry Flynt remporte une nomination aux Oscars grâce à la prestation de Woody Harrelson et un Golden Globe pour son réalisateur.

1998 : En pleine affaire Monica Lewinsky-Bill Clinton, Larry Flynt offre une récompense d’1 million de dollars à quiconque apportera la preuve d’une affaire sexuelle scandaleuse d’un dignitaire politique. La même année un magasin Hustler s’ouvre sur Sunset Boulevard, en plein cœur d’Hollywood entièrement dédié à la sexualité et au plaisir du couple.

1999 : lancement de Hustler vidéo qui produit des films X. La marque produit en HD en Blu Ray et le premier opus du genre en 3D.

2000 : Ouverture du premier Hustler Casino à Los Angeles et d’un Hustler Club en Louisiane.

2004 : Lancement de Hustler TV disponible sur les réseaux qui devient rapidement la chaîne à l’offre la plus riche en programmes pour adultes, disponible dans plus de 56 pays (y compris en France)

2007 : Flynt remet son million de dollars sur le tapis. Il veut cette fois dénoncer l’hypocrisie qui, selon lui, régne sur la vie sexuelle des politiques.

2012 : Cette fois, l’éditeur d’Hustler s’immisce dans la course présidentielle et Flynt s’en prend à Romney et à ses possibles actifs déposés à l'étranger, n’hésitant pas à signer, en pleine page dans USA Today ou le Whashington Post des éditos intitulés : « qu’est-ce qu’il cache ? »

2014 : Hustler fête son 40 ièm anniversaire ! Rendez-vous au 40 ans, Larry Flynt ne dort jamais ! 

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